JE CONNAIS UNE VICTIME
Il est impératif de réaliser que les enfants victimes de violences sexuelles ne parviennent généralement pas à dénoncer ce qu’ils vivent, notamment pour toutes les raisons mentionnées ici. En fait, seulement 30% des victimes relatent les violences qu’ils subissent durant leur enfance. C’est donc à leur entourage à être attentif aux signes de violences sexuelles et poser, si nécessaire, les bonnes questions, sans effrayer.
Comment repérer une victime de violences sexuelles?
D’un point de vue émotionnel
- repli sur soi
- phobie, anxiété, dépression, angoisses de séparation
- sentiments de peur, tristesse, isolement, anxiété de séparation
- agressivité, irritables

Troubles du comportement
- troubles du sommeil
- troubles alimentaires
- difficulté de concentration
- hypersexualisation (paroles obscènes, gestes équivoques, …)
- épisodes dissociatifs (regard fixe, immobilité, insensibilité aux stimuli extérieurs)
- suractivation physiologique (transpiration, respiration accélérée)
- comportement régressif (par ex . : refaire pipi au lit)
- réminiscences du traumatisme : dessins répétitifs, cauchemars fréquents, …
- conduites à risque
Problèmes
médicaux
- douleurs chroniques (mal aux ventres, mal de tête, anxiété)
- troubles cardio-vasculaire
- troubles gynécologiques
- lésions et bleus
Obligation de signaler tout soupçon de maltraitance à la police
Comment accompagner les victimes ?
Ci-dessous, quelques conseils.
Croyez votre interlocuteur et résistez à la tentation de minimiser l’importance de l’agression sexuelle dont il a été victime
N’ignorez pas la confidence qui a été faite et recevez la avec bienveillance
Les confidences sont souvent lourdes pour l’interlocuteur.ice et elles peuvent parfois mettre mal à l’aise lorsqu’on ne sait pas comment aider la victime. Ce malaise explique sans doute que de nombreuses victimes qui se sont essayées à partager leur expérience traumatisantes ont été ignorées. Il est cependant important de pouvoir dépasser ce sentiment pour accepter la révélation et manifester son soutien à la victime. Il s’agit de lui montrer que sa détresse a été entendue.
Ecoutez la victime sans jugement
Essayez de rester naturel.le sans minimiser, ni aggraver les faits. Il est important de maîtriser ses réactions émotionnelles et de contenir ses angoisses, en particulier lorsque la victime est un enfant.
Voici quelques éléments à dire :
- Dénoncez clairement les violences subies : « c’était grave et il/elle n’avait pas le droit de faire cela »
- Félicitez et remerciez la victime pour ses révélations : il faut souvent beaucoup de courage pour le faire
- Rassurez la victime sur le fait qu’elle n’a rien fait de mal.
© Edvard Munch
Les phrases à éviter à tout prix
– « Passe à autre chose »
– « Pourquoi tu n’as pas dit non ? »
– « J’en ai vu d’autres »
– « Tu ne seras plus jamais heureu.x.se »
– « Ton père est comme ça on ne le changera pas »
– « Tu ressasses toujours le passé »
– « Qu’est-ce que tu lui as fait pour qu’il agisse comme ça ? »
– « Pourquoi as-tu besoin de remuer la merde ? »
– « Si ce que tu dis es vrai, c’est la prison directe. Es-tu sûre que c’est ce que tu veux lui infliger ? »
– « On n’a rien vu, comment c’est possible »
– « Arrête de te regarder le nombril »
– « Pourquoi tu n’en n’as pas parlé plus tôt ? »
Soutenez la victime dans la façon dont elle entend régler ses problèmes liés à la violences sexuelles
Proposez un soutien médical et psychologique
Conservez votre identité
Protégez la vie privée de la victime
Préservez la confiance de la victime : évitez donc d’ébruiter l’affaire. Cela aidera notamment à apaiser les sentiments de honte et de gêne.
Soyez une personne de confiance
Manifestez de l’affection
Soyez indulgent.e avec vous-même et partagez votre expérience si nécessaire
Accompagner un.e ami.e, une sœur, un frère, une connaissance lorsque celle-ci décide de faire face aux agressions qu’elle a subi peut être lourd pour l’accompagnant. Il est important que vous teniez compte de vos limites et que vous puissiez également partager votre ressenti.